Difficile de lire à tête reposée un auteur si médiatique, si exposé.
Je ne nie pas le talent littéraire de Beigbeder. J’avais lu 99 Francs et je l’avais apprécié. Oui, un quinquagénaire blanc, hétérosexuel et bourgeois peut écrire.
Certaines pensées font mouche, parfois drôles, parfois percutantes, parfois provocantes, rarement fades. Elles sauvent l’ensemble du naufrage et ont rendu ma lecture plutôt agréable.
Le premier chapitre « Je suis une victime » fut mon préféré alors que d’autres n’apportaient pas grand-chose à ce livre pourtant très court. J’apprécie la prise de risque, quoique je me sois agacé avec sa définition de l’homme hétérosexuel ; je ne le suis pas, hétérosexuel, mais je n’ai jamais vu mon entourage comme cela. Beigbeder n’est pas le centre du monde et même pas du sien, c’est ce qui est triste.
Les détracteurs de l’autoédition considèrent qu’un livre doit passer le filtre d’une maison d’édition, sans savoir que ces dernières poursuivent un premier objectif : le fric. 19.90 euros pour quelques lignes de billets de blog.
Oui, je préfère des auteurs engagés comme lui à d’autres, mais ne vous faites pas avoir ni par le titre ni par la photo. Confessions d’un hétérosexuel légèrement dépassé est à emprunter à la bibliothèque ou à un quinquagénaire frustré séduit par la maquette.


