L’odeur de l’Inde, par Pier Paolo Pasolini

Je ne connaissais pas cet auteur et en lisant son « récit », je me suis dit « Il est gay ! ». Poète, journaliste, cinéaste, il serait mort assassiné par un gigolo sur un lieu de drague. Vous allez me dire : « On s’en fout ! ». Non, car justement, quand il aide Revi qui lui « prend la main », il faut lire entre les lignes. Ils ont eu une liaison charnelle, évidemment ! C’est pour cela qu’il tente de l’aider. Comme je le raconte dans mon livre (50 ans après, il m’est plus facile d’évoquer l’homosexualité), il est aisé de percevoir ce brûlant désir que les homosexuels indiens éprouvent. J’ai connu un Indien, d’autres m’ont accosté dans la rue, à l’hôtel, et j’avais l’impression d’être « une tarte au citron ». Pasolini avait mon âge lors de son voyage : 40 ans, et il était superbe.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, à mi-chemin entre L’Inde où j’ai vécu d’Alexandra David-Neel et Nue India d’Alexandre Bergamini, c’est la liberté de l’auteur. Il dit tout ce qu’il pense. De nos jours, tout écrivain sur l’Inde marche sur des œufs de peur de se faire traiter de néocolonialiste. Évidemment, Pasolini présente une vision occidentale de l’Inde. Il généralise beaucoup trop : « Il est vrai que les Indiens ne sont jamais joyeux : ils sourient souvent, c’est vrai, mais ce sont des sourires de douceur, non de gaieté ». Il croit connaître un pays à travers des promenades nocturnes alors qu’il a surtout passé son temps entouré de bourgeois dans des réceptions. D’ailleurs, pourquoi se promener le soir en Inde ? Un livre LGBT, je vous dis !

Le style est poétique, littéraire et comme il ne s’agit pas d’une histoire de A à Z, mais un mélange éparse de réflexions, ce livre, pourtant court, n’est pas simple à lire.

En conclusion, un livre engagé sur l’Inde, pour apercevoir ce pays dans ses années 1960, sans oublier qu’il s’agit d’un livre LGBT.

La Tresse, Laetitia Colombani

Contrairement à ce que je pensais, ce n’est pas un livre uniquement sur l’Inde. Le titre est magistral puisque trois histoires forment comme une tresse entre une Indienne, une Canadienne et une Italienne. L’Indienne refuse le carcan dans lequel les Dalits sont enfermés et se bat pour offrir une vie meilleure à sa fille. La Canadienne, une brillante avocate, lutte contre un cancer. L’Italienne veut sauver l’entreprise familiale de la faillite.

Voilà pourquoi le livre fonctionne, comment un livre commercial marche : les protagonistes sont confrontées à un obstacle majeur. Par conséquent, le lecteur poursuit sa lecture.

Le roman est court, il se lit en deux heures et son prix est élevé, comme tout best-seller. Le style est assez banal, ni bon, ni mauvais. C’est le genre de roman qui plaît au plus grand nombre car il rentre dans un moule. Attention, il n’est pas mièvre et il est bien pensé. Le récit sur l’Indienne est le plus intéressant pour quelqu’un comme moi, et vous aussi, si vous êtes un de mes lecteurs. Ce n’est pas l’Inde que j’ai connue. Le combat de l’Italienne m’a plus intéressé que celui de l’avocate carriériste canadienne qui lutte contre un cancer (que c’est original !).

L’originalité de ce roman est l’absence de dialogues ou plutôt une présentation des dialogues intéressante. Les descriptions sont sommaires, l’émotion contenue. L’ensemble est sauvé par les portraits de ces trois femmes admirables, qui marquent les esprits. Un personnage est réussi quand nous nous souvenons de lui.

En conclusion, un bon livre, si vous aimez les livres commerciaux. Je n’en recommande pas l’achat, vu son prix excessif : à se prêter entre amis ou à se procurer à la bibliothèque.

Le Conteur, de Omair Ahmad

J’ai enfin compris pourquoi Véronique du site l’Inde en livres ne se lasse pas. Même écrits par des Occidentaux, les récits sur l’Inde nous libèrent de nos lectures habituelles.

L’histoire : Au XVIIIe siècle, Delhi se retrouve saccagée par des hordes afghanes. Un conteur fuit et trouve refuge chez une bégum. Ils vont se livrer à une joute de contes où chaque récit répondra au premier.

Ce roman vous invitera dans cet immense pays musulman qu’est l’Inde. Oui, l’Inde est le troisième pays musulman du monde. Le thème central est l’amour fraternel, paternel, maternel et même l’amour de la beauté.

Le vocabulaire est parfois soutenu et la particularité de ce livre est l’omniprésence de l’imparfait du subjonctif. C’est un temps que j’utilise, certains lecteurs me le reprochent, mais il est tantôt délicat, tantôt intrépide. Et surtout, il est grammaticalement exact.

Vous pourriez regretter le manque de description, voire d’émotion, parce que c’est un roman très court. À vous de vous imaginer les palais et les costumes du nord de l’Inde, pour mieux vous concentrer sur la puissance de certaines phrases.

Et après ?

Je réponds à toutes les questions que l’on m’a posées depuis la parution de mon livre.

As-tu des nouvelles des Indiens ?

Oui, bien sûr, même si c’est moi qui fais souvent le premier pas. Je ne serais pas surpris qu’avec les Indiens, on entre et on sort dans leur vie. Certains ont pleuré quand je suis parti peut-être pour cela : ils savaient que nous ne nous reverrons plus. Mais qui sait ?

Voudrais-tu retourner en Inde ?

Évidemment ! En vacances ou pour y vivre mais sans travailler. J’aimerais aller dans le sud de l’Inde cette fois-ci. Et accompagné de ma mère, comme lors de notre voyage de décembre 2019.

Pourrais-tu enseigner encore au même collège ?

Sans mon chef (je n’ai aucune de lui, je l’ai bloqué sur WhatsApp, il m’a viré de LinkedIn), avec un logement plus confortable et des cours uniquement à la Junior School, je pourrais accepter. Cela fait beaucoup de « si ».

Que deviens-tu ?

Je suis rentré à Barcelone mais le propriétaire a voulu vendre son bien. Je suis donc parti à Lisbonne. Je donne toujours des cours de FLE, en ligne, à mes clients espagnols. J’apprends le portugais, je fais du sport et j’ai un chat, Jaipur. Je suis en train de terminer un second livre Si tu savais comme c’est bon.

De quoi parlera ton deuxième livre ?

C’est une novella. À 40 ans, sans enfant, Paulette est en plein divorce. Après avoir écouté une chanson, elle décide de retrouver ses ex pour coucher avec eux. Peu importe les conséquences, elle veut les retrouver en France, au Portugal et même en Inde. À quoi joue-t-elle ? Qui est-elle pour se lancer dans un tel projet a priori puéril ? Le lecteur suivra les aventures d’une femme tantôt exaspérante, tantôt attachante, toujours sincère.

Quels sont tes succès avec le livre ?

  • Recevoir des messages d’inconnus qui ont aimé mon livre. C’est toujours un plaisir d’échanger avec eux, quand ils me racontent eux aussi leur expérience.
  • Avoir une mère formidable qui a remué le ciel pour promouvoir mon livre alors que les passages sur mon intimité l’ont incommodée.
  • Apprendre de mes erreurs pour le second.
  • Vendre les 250 exemplaires papier, même si j’ai pénalisé le livre électronique au début.

As-tu revu Diego ?

Une seule fois, en août 2020, pour divorcer. On a pris un café ensuite et on s’est dit au revoir. On ne garde plus contact. Son Instagram est public, aux dernières nouvelles, il est en Colombie. Vacances ou retour définitif ?

Diego a-t-il lu le livre ?

Je ne sais pas, je ne crois pas. Nous n’avons pas d’amis en commun, donc peut-être qu’il ignore la publication. Il était au courant de mon projet et il savait que j’allais évoquer notre histoire.

Nue India, Journal d’un vagabond, Alexandre Bergamini

J’ai découvert ce livre grâce à un trésor, une librairie lisboète dédiée aux voyages : Palavra de Viajante tenue par Ana, une Portugaise qui propose des livres en portugais, anglais et français. Ce livre, j’aurais aimé l’écrire. Il n’est pas parfait : des coquilles parsèment la lecture et le premier chapitre ne nous épargne aucun détail (bruits, saleté, misère), comme s’il fallait contenter le lecteur. C’est un très court récit, cher (16 euros) au point que seuls les inconditionnels d’Amélie Nothomb accepteraient de dépenser autant.

Mais pourquoi j’ai dévoré ce livre en deux heures ?

Le vécu d’Alexandre Bergamini est fascinant. Ni touriste (il a résidé dans un hôtel miteux, près d’une plage sale du Kerala) ni travailleur, il semble avoir séjourné là-bas pour oublier qui il était. Il a parfaitement observé tout ce qui se présentait à lui. Il a su décrire les attitudes indiennes, percé quelques-uns de leurs secrets. Les Indiens sont magnifiés, sauf ceux qui augmentent les prix à sa vue. Rétrospectivement, moi qui abhorrais ce système, je commence à le comprendre. Est-ce si malhonnête de changer les prix en fonction du client ?

Sans le savoir lors de l’achat, je viens de lire un livre LGBT. L’auteur y décrit parfaitement les regards concupiscents, la sensualité de jeunes hommes prêts à franchir le pas avec un Occidental. Bien avancé dans la quarantaine, il a pu déceler le désir qui s’exprime autrement que par internet ou dans un bar gay.

Le style de l’auteur se révèle agréable, poétique, parvenant à accrocher le lecteur alors qu’il n’y a pas de dialogue. Il écrit comme un impressionniste donnerait des coups de pinceau, les scènes sont précises, sans être trop détaillées.

Amoureux de l’Inde, gays ou personnes à la recherche d’une lecture différente, je vous en recommande la lecture. Les premiers ne manqueront pas de se dire « Oui, j’ai vécu ceci et c’est très bien décrit » et les seconds réfléchiront sur l’amour. Les derniers n’apprécieront peut-être pas ce journal, mais en seront marqués. Alexandre Bergamini, si vous lisez ces lignes, j’aimerais que vous me contactiez, votre livre m’a encouragé à réfléchir, c’est si rare aujourd’hui. Je serais honoré que vous lisiez le mien, un livre qui ne manquera pas de vous agacer, mais si complémentaire. À chacun son Inde !

Mon expérience avec une bêta-lectrice professionnelle : Élodie Jonquoy

Ils sont nombreux sur le marché de la bêta-lecture (cf. mon précédent billet sur le sujet). J’ai eu la chance de connaître Élodie Jonquoy pour la préparation de mon deuxième livre, premier roman « Si tu savais comme c’est bon ». Cette jeune mère, qui écrit actuellement un roman, offre des services de correction, de coaching, de rédaction et de bêta-lecture.

En quelques semaines, elle m’a rendu une synthèse de 13 pages avec son « opinion de lectrice » dite « subjective » et son « analyse professionnelle » dite « objective ».

Son opinion de lectrice est très intéressante, en tant que femme comme les autres, avec ses goûts, ses envies, ses humeurs, etc. Elle m’a expliqué ce qu’elle a aimé et moins aimé. Les bêta-lecteurs « gratuits » mènent aussi ce travail, en moins développé.

Son analyse professionnelle m’a beaucoup apporté. Élodie me semble être une femme polie, bienveillante et d’une grande douceur. C’est important dans un travail ô combien délicat ! Elle présente à la fois les points positifs et les points négatifs du texte, sans chercher à plaire, mais toujours en mesurant chaque mot employé.

Son travail n’est pas fini ! Comme elle le précise elle-même : Mon rôle ne s’arrête pas à vous dire « voilà, ces choses ne vont pas, merci, au revoir, non ». Mon rôle c’est de vous apporter des pistes de réflexion, d’amélioration.

De tous les conseils qu’elle me donne, voici celui qui me sera le plus utile :

Le manque de profondeur de Paulette : Nuancez ses émotions, entrez dans sa peau, ressentez ses poils se hérisser […], sa gorge s’assécher avant de […], ses yeux gonfler sous les larmes quand […]. Sentez Paulette, sentez toute la nuance de ses émotions. Je vous conseille d’écrire toute son histoire à la première personne. Pas pour la faire lire, mais pour vous en imprégner. Ou tenez un journal, comme un journal intime. Dans lequel vous parlez pour Paulette. Apprenez à mieux la connaître, à l’observer, à la décortiquer, dessinez-là si vous pouvez. Analyser toutes ses nuances de tristesse, de remords, de joie. Rendez-la plus humaine.

Comme elle le dit elle-même, c’est moi l’auteur et le maître de mon récit. Il n’empêche, par ses conseils judicieux, intelligents, mesurés et précis, elle gardera une place dans ce futur roman et dans mon estime. Je la remercie infiniment. Pour conclure, je voudrais lui poser une question et à vous tous : en rémunérant une personne, on gagne un service professionnel, mais un professionnel va-t-il dire toute la vérité si le texte est mauvais ?

Mes conseils pour une bêta-lecture réussie

Pour mon premier livre, je ne savais pas ce que c’était qu’une « bêta-lecture », mais j’en ai pourtant bénéficié.

Je suis en train de soumettre mon deuxième ouvrage à des bêta-lecteurs. La bêta-lecture, c’est confier son texte à une tierce personne, pour en obtenir un avis, des suggestions, des éventuelles corrections. Tout est possible, l’auteur peut guider ses bêta-lecteurs en précisant ce qu’il recherche.

LES ERREURS À ÉVITER :

Pas de bêta-lecteurs parmi vos proches, sauf…

Les proches ne sont jamais neutres. Ils vont souvent trouver le livre « formidable » alors que le premier jet est souvent lamentable. Au contraire, ils vont vous refroidir, car ils peuvent être jaloux, rancuniers, mal à l’aise ou ils n’avaient guère envie de vous lire.
Chaque règle ayant ses exceptions, il y a toujours une personne ni trop gentille, ni trop vache, dans votre entourage pour mener ce travail. Le premier qui a lu mes deux tapuscrits est mon frère, Florænt. Il est franc, mais pas méchant. Il me dit ce qui est bien ou pas.

Pas de bêta-lecteurs parmi… les groupes de bêta-lecteurs.

J’étais ravi de rencontrer de tels groupes, composés d’auteurs peu connus ou de lecteurs curieux. Le résultat ? Plutôt décevant. Si c’est un échange, vous allez devoir vous coltiner des récits mal écrits et vous serez dans une position inconfortable. Si vous mentez, vous n’êtes d’aucune utilité, si vous donnez votre opinion, vous vexez l’autre personne. Toutefois, vous recevrez parfois quelques bons conseils. C’est déjà ça !

Pas de bêta-lecteurs parmi vos lecteurs habituels.

Je refuse que mes premiers lecteurs, s’ils ont aimé mon premier livre, lisent le second. Ils ne seraient pas neutres et compareraient. Soit dit en passant : certains veulent vous lire pour ne pas à avoir à acheter le second…

LES BONNES IDÉES :

Des bêta-lecteurs trouvés dans les groupes intéressés par vos écrits.

Vous avez écrit un livre sur une femme de 80 ans qui court son 20e marathon ? Facebook : groupe de séniors, de sportifs retraités, de marathoniens, etc. Ce sont eux qui vont acheter votre livre alors demandez leur avis !
Pour mon premier livre et même pour le second, j’ai posté des messages sur des groupes d’amoureux de l’Inde, des professeurs de FLE, des personnes en rupture amoureuse. J’ai pu corriger quelques défauts du premier livre.

Des bêta-lecteurs professionnels.

Ils sont parfois décriés sur les groupes, certains considèrent qu’un bêta-lecteur n’est pas professionnel. Avec le port du masque en forêt, c’est l’idée la plus idiote en ces temps actuels. Toute activité peut être entreprise d’une manière bénévole et professionnelle. L’argent motive les personnes pour réaliser un réel effort. OK, certains rendent des services gratuitement, avec une grande générosité. En ce qui me concerne, mes cours de français ne seraient pas les mêmes si je n’étais pas payé. Je n’enseignerais même plus.

Un bêta-lecteur professionnel facturera entre 200 et 300 pour un roman court de 50 000 mots. À vous d’estimer si cela en vaut la peine. En ce qui me concerne, je réponds « oui » sans hésiter. J’ai eu la chance de connaître Élodie Jonquoy. J’ai publié un autre billet pour évoquer mon expérience avec une telle bêta-lectrice professionnelle.

Le club de la dernière chance, de Marian Keyes

À Londres, trois amis irlandais et trentenaires, deux femmes et un homme, sont face à leur destin : relation toxique, incapacité à s’engager et cancer.

Ce livre a deux défauts.

Tout d’abord, les remerciements à la fin. C’est comme les applaudissements au personnel médical pendant le premier confinement : ça m’a toujours brouté, bien que j’aie suivi les voisins pendant le confinement, à Paris. Quant aux sempiternels remerciements, je l’ai fait à la fin de mon premier livre pour ne pas payer 50 euros à une psychologue qui avait relu 4 pages. Pourquoi faut-il toujours remercier quelqu’un publiquement ? Moi, j’oublierais certaines personnes et elles en seraient vexées. L’écrivain remercie comme on filme nos actes de charité : il faut montrer urbi et orbi. Avant-hier, j’ai apporté une couverture à un SDF en bas de chez moi qui se battait avec un autre. En ai-je fait une vidéo ?

Enfin, les personnages sont manichéens. Oh qu’ils sont vilains les deux hommes qui ont fait souffrir les deux femmes ! Je connais les hommes, mieux que bien des femmes, et je peux affirmer ceci : on oublie toujours les hommes à qui on a fait du mal pour garder à l’esprit ceux qui nous ont fait souffrir.

Finalement, il a deux autres défauts : il a vieilli (écrit en 1999) et une bonne centaine de pages avant d’apprendre le cancer de l’ami (annoncé pourtant en quatrième de couverture).

Néanmoins, pourquoi j’ai aimé ce livre ?

Parce que l’histoire marche, le style est agréable, les trois protagonistes sont bien définis, les personnages secondaires aussi, et la touche irlandaise de l’auteure apporte une touche attachante. Autrement dit : c’est le livre que j’aimerais être capable d’écrire : sans prétention et efficace. Or, c’est justement le plus difficile à faire.

Comment gérer des critiques négatives ?

Mon deuxième livre est en bêta-lecture, c’est-à-dire que des inconnus le lisent pour donner leur avis et j’ai reçu des critiques sur mon premier livre.

Certaines me comblent de joie, me rassurent et me flattent.

Cette lectrice est adorable, j’ai envie de lui envoyer mon livre, de l’inviter à boire un café, de lui téléphoner et de lire son courriel à chaque coup de mou. C’est bien, mais vais-je améliorer mon travail grâce à cela ?

D’autres sont négatives.

Plus je reçois de critiques, plus j’apprends à les gérer. Que vous chantiez, jouiez, cuisiniez, peigniez, écriviez, voici quelques conseils après une critique négative.

  1. Écoutez votre peine.

Comment vous sentez-vous ? Lisez-la plusieurs fois et respirez. Oui, elles ne font pas plaisir et elles ne seront jamais agréables. C’est dur de les lire ou les entendre, après une journée de travail difficile.

2. Ne cédez pas à la colère.

« T’es qui toi ? », « Tu sais même pas écrire deux lignes », « Je vais lire tes écrits et te démonter », « ta quiche était dégueux », « tu sais même pas danser la chenille qui redémarre », etc.

Ça ne résoudra rien. Un délai de 24 heures avant de réagir. Le mec qui dit que mon livre est un journal intime dont je ne pourrai être que l’unique lecteur m’a mis en rogne, d’autant plus que je lui avais envoyé mon livre gratuitement. Sauf qu’il ne me critique pas en tant qu’être humain.

3. Les critiques sont dirigées contre un travail, pas contre vous.

« Papa, tu cuisines trop gras » ne veut pas dire « tu es gros ». « Tu as joué ton rôle avec un air prétentieux » ne veut pas dire « tu es prétentieux ».

4. Ne faites pas de supposition.

Jamais. Vous pouvez demander des explications « Je n’ai pas compris, tu veux en fait dire que… », mais ne partez pas sur du « Il est jaloux ». Peut-être qu’il l’est, vous pouvez le penser dix secondes, mais ne ruminez pas cette idée noire qui vous apportera une énergie négative.

5. Trouvez la force pour vous améliorer.

Certes, une critique tue dix compliments. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps : une critique négative n’est pas parole d’Évangile. En revanche, quand je lis que plusieurs personnes me disent qu’ils ont aimé le chapitre sur l’Inde de mon deuxième livre, à moi d’améliorer les autres chapitres. Pourquoi il est bon ce chapitre ? Ok, l’Inde, c’est déjà un thème fort pour tous les amoureux de ce pays ou les curieux. Surtout, parce que j’y ai ressenti des émotions fortes, exposées dans mon premier livre.

Une petite précision pour la fin : je n’évoque pas des critiques malsaines, pour blesser. Heureusement et malheureusement, je manque d’expérience en la matière. Par exemple, j’ai reçu, sur des forums, rien qu’à la lecture du titre de Bonjour Miéssieur, Un prof en Inde et le quatrième de couverture « Tu es le blond Occidental gay typique qui a fait du néo-colonialisme en Inde et qui se moque des Indiens ». Blond, Occidental, gay = attaque sur la personne, cette personne a visiblement un problème. Ignorez, même si vous en serez touché quelques heures, voire quelques jours.

Que faites-vous lorsqu’on critique négativement votre travail, quel qu’il soit, alors que vous y avez mis tout votre cœur, du temps et de l’argent ? Quels conseils me donneriez-vous ?

Neuf parfaits étrangers, de Liane Moriarty

Pour écrire cette chronique, j’ai eu la mauvaise idée de lire quelques critiques sur Babelio. Pour résumer les critiques négatives, c’est du « J’ai adoré ses précédents ouvrages, celui-ci a été écrit à la va-vite, je suis déçu ».

Liane Morarty, j’ai de la compassion pour toi. Que va-t-il se passer quand je vais publier mon deuxième livre, actuellement en bêta-lecture ?

Je peux comprendre que l’on n’aime pas mon premier.

Je peux comprendre que l’on n’aime pas le second.

Mais comment vais-je réagir avec ceux qui vont me dire « Je suis déçu par le second alors que j’ai adoré le premier » ? Je ne pourrais pas les mépriser puisqu’ils ont aimé le premier. Je me sentirais honteux, leur déception me causerait de la peine.

Pourquoi ne lit-on jamais le contraire ? Un « son premier fut à chier, mais après, il s’améliore ! ». Parce que le premier ne donne pas envie de continuer, s’il est jugé mauvais. Soit. Pourtant, je ne sais pas pour vous, mais en cuisine, en course à pied et même au lit, mes premières fois ne sont jamais les meilleures. Un écrivain a besoin de temps, pour se libérer d’un carcan ou polir de trop grands écarts. Certes, il existe des premiers romans qui sont de véritables chefs d’œuvre, écrits par des génies. Mais pour les autres ? N’a-t-on pas besoin d’expériences diverses ? « C’est trop salé », « Ne pars pas à 5 minutes par kilomètre, tu vas t’épuiser » « Je n’aime pas que tu me mordilles le téton ».

Cette précision faite, je reviens au livre. Neuf étrangers vont dans un centre de bien-être pour des raisons diverses. Tous les portraits ne se valent pas, l’homosexuel étant par exemple un brillant avocat, canon qui plus est. Si cet homme existe, merci de me laisser un message ici. Les huit autres : un sportif détruit, une famille de 3 personnes en deuil, une mère de famille abandonnée, une écrivaine en déclin et un couple qui a gagné au loto. Vous l’aurez deviné, c’est l’écrivaine le personnage principal. Est-elle l’auteure ? Je ne sais pas, je ne vais pas commettre encore l’erreur de chercher. En tout cas, c’est la plus intéressante car elle permet à l’auteure d’émettre des critiques assertives. Liane Morarty prend des risques, comme quand elle écrit que les conseils donnés aux gros pour accepter leur corps sont prodigués par… des gros. Elle se moque aussi des écrivains présents sur les réseaux sociaux. Elle est gentille, cette Liane Morarty, mais comment fait-on de nos jours quand les libraires se contentent de vendre les livres catalogués par les grandes maisons d’éditions ?

Un point original est que chaque chapitre correspond à un personnage et la narration est interne. On entre plus ou moins dans la peau d’un des neufs et même des trois membres de l’équipe. Les scènes sont bien décrites, sans détail surabondant.

Et surtout, pourquoi j’ai aimé ce livre, malgré une deuxième partie plus lente et une fin décevante ? L’auteure a un talent en psychologie. Je l’imagine comme le genre de femmes que l’on a envie de consulter pour un conseil. Elle est dure, mais ne juge pas. Elle n’est pas manichéenne et ne cherche pas à plaire. Ce livre vaut d’être lu, loin des livres crises de nerfs. J’en lirai d’autres puisqu’ils seraient meilleurs. En attendant, j’ai trouvé ce livre équilibré et agréable en cette période d’extrêmes.