Mes conseils pour une bêta-lecture réussie

Pour mon premier livre, je ne savais pas ce que c’était qu’une « bêta-lecture », mais j’en ai pourtant bénéficié.

Je suis en train de soumettre mon deuxième ouvrage à des bêta-lecteurs. La bêta-lecture, c’est confier son texte à une tierce personne, pour en obtenir un avis, des suggestions, des éventuelles corrections. Tout est possible, l’auteur peut guider ses bêta-lecteurs en précisant ce qu’il recherche.

LES ERREURS À ÉVITER :

Pas de bêta-lecteurs parmi vos proches, sauf…

Les proches ne sont jamais neutres. Ils vont souvent trouver le livre « formidable » alors que le premier jet est souvent lamentable. Au contraire, ils vont vous refroidir, car ils peuvent être jaloux, rancuniers, mal à l’aise ou ils n’avaient guère envie de vous lire.
Chaque règle ayant ses exceptions, il y a toujours une personne ni trop gentille, ni trop vache, dans votre entourage pour mener ce travail. Le premier qui a lu mes deux tapuscrits est mon frère, Florent Audoye. Il est franc, mais pas méchant. Il me dit ce qui est bien ou pas.

Pas de bêta-lecteurs parmi… les groupes de bêta-lecteurs.

J’étais ravi de rencontrer de tels groupes, composés d’auteurs peu connus ou de lecteurs curieux. Le résultat ? Plutôt décevant. Si c’est un échange, vous allez devoir vous coltiner des récits mal écrits et vous serez dans une position inconfortable. Si vous mentez, vous n’êtes d’aucune utilité, si vous donnez votre opinion, vous vexez l’autre personne. Toutefois, vous recevrez parfois quelques bons conseils. C’est déjà ça !

Pas de bêta-lecteurs parmi vos lecteurs habituels.

Je refuse que mes premiers lecteurs, s’ils ont aimé mon premier livre, lisent le second. Ils ne seraient pas neutres et compareraient. Soit dit en passant : certains veulent vous lire pour ne pas à avoir à acheter le second…

LES BONNES IDÉES :

Des bêta-lecteurs trouvés dans les groupes intéressés par vos écrits.

Vous avez écrit un livre sur une femme de 80 ans qui court son 20e marathon ? Facebook : groupe de séniors, de sportifs retraités, de marathoniens, etc. Ce sont eux qui vont acheter votre livre alors demandez leur avis !
Pour mon premier livre et même pour le second, j’ai posté des messages sur des groupes d’amoureux de l’Inde, des professeurs de FLE, des personnes en rupture amoureuse. J’ai pu corriger quelques défauts du premier livre.

Des bêta-lecteurs professionnels.

Ils sont parfois décriés sur les groupes, certains considèrent qu’un bêta-lecteur n’est pas professionnel. Avec le port du masque en forêt, c’est l’idée la plus idiote en ces temps actuels. Toute activité peut être entreprise d’une manière bénévole et professionnelle. L’argent motive les personnes pour réaliser un réel effort. OK, certains rendent des services gratuitement, avec une grande générosité. En ce qui me concerne, mes cours de français ne seraient pas les mêmes si je n’étais pas payé. Je n’enseignerais même plus.

Un bêta-lecteur professionnel facturera entre 200 et 300 pour un roman court de 50 000 mots. À vous d’estimer si cela en vaut la peine. En ce qui me concerne, je réponds « oui » sans hésiter. J’ai eu la chance de connaître Élodie Jonquoy. Je publierai un autre billet pour évoquer mon expérience avec une telle bêta-lectrice professionnelle.

Le club de la dernière chance, de Marian Keyes

À Londres, trois amis irlandais et trentenaires, deux femmes et un homme, sont face à leur destin : relation toxique, incapacité à s’engager et cancer.

Ce livre a deux défauts.

Tout d’abord, les remerciements à la fin. C’est comme les applaudissements au personnel médical pendant le premier confinement : ça m’a toujours brouté, bien que j’aie suivi les voisins pendant le confinement, à Paris. Quant aux sempiternels remerciements, je l’ai fait à la fin de mon premier livre pour ne pas payer 50 euros à une psychologue qui avait relu 4 pages. Pourquoi faut-il toujours remercier quelqu’un publiquement ? Moi, j’oublierais certaines personnes et elles en seraient vexées. L’écrivain remercie comme on filme nos actes de charité : il faut montrer urbi et orbi. Avant-hier, j’ai apporté une couverture à un SDF en bas de chez moi qui se battait avec un autre. En ai-je fait une vidéo ?

Enfin, les personnages sont manichéens. Oh qu’ils sont vilains les deux hommes qui ont fait souffrir les deux femmes ! Je connais les hommes, mieux que bien des femmes, et je peux affirmer ceci : on oublie toujours les hommes à qui on a fait du mal pour garder à l’esprit ceux qui nous ont fait souffrir.

Finalement, il a deux autres défauts : il a vieilli (écrit en 1999) et une bonne centaine de pages avant d’apprendre le cancer de l’ami (annoncé pourtant en quatrième de couverture).

Néanmoins, pourquoi j’ai aimé ce livre ?

Parce que l’histoire marche, le style est agréable, les trois protagonistes sont bien définis, les personnages secondaires aussi, et la touche irlandaise de l’auteure apporte une touche attachante. Autrement dit : c’est le livre que j’aimerais être capable d’écrire : sans prétention et efficace. Or, c’est justement le plus difficile à faire.