Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé

Prix Goncourt 2004, le premier pour Actes Sud.

Les Goncourt se résument en deux catégories (d’après ce que j’ai compris) :

– Des livres complexes, au style unique. Trois femmes puissantes, de Marie Ndiaye. L’Epervier de Maheux, Jean Carrière. J’ai eu du mal avec le premier, le deuxième m’a estomaqué.

– Des livres plus accessibles, avec un style plus commun : Chanson douce de Leïla Slimani.  

Le soleil des Scorta est un Goncourt accessible, grand public. Il reste un très bon livre, parce que l’histoire fonctionne. Une famille italienne des Pouilles sur plusieurs générations. On y est, dans le sud de l’Italie.

Ce livre est très apprécié et il mérite cette estime. Les pages se tournent à grande vitesse, les évènements s’enchaînent avec fluidité. S’il possédait une densité, il ressemblerait un peu à 100 ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Gaudé l’a lu, sûr. Cette touche de réalisme magique se retrouve quand chaque Scorta pressent qu’il va mourir.

Laurent Gaudé est un des rares écrivains capables d’écrire des livres différents, il se renouvèle. Vous pouvez offrir ce livre à un amoureux de l’Italie comme je l’ai fait, mon ami a apprécié ce cadeau.

Pour conclure, voici ce qui m’a le plus plu dans ce livre : une morale. Chaque Scorta déshérite la génération suivante, la nouvelle génération héritera des valeurs et des défauts de ses ancêtres, sans biens, à elle de trouver sa place, sans cuillère d’argent dans la bouche. Les plus beaux passages du livre, hormis des descriptions ensoleillées, imposent cette réflexion sur le déterminisme social. L’argent ne fait pas tout. Pas un Scorta. Pas une vraie famille.

La définition du bonheur, Catherine Cusset

Avant de lire un livre, je consulte les critiques sur Babelio. Des commentaires plutôt négatifs.

Au début de ma lecture, et jusqu’aux 4/5, je me suis dit « Que les gens sont vaches ! Ce n’est pas si mal ! ».

Cette histoire de deux femmes à travers plusieurs décennies me semblait fluide, avec des rebondissements adroits. Le style simple, sans être simpliste, soutenait une histoire plus complexe. Je lisais ce livre après le confus Western de Maria Pourchet. Je respirais.

Bref, j’ai pensé « Les gens n’ont aucune culture littéraire ».

Vint la lecture du dernier cinquième. Le mieux est l’ennemi du bien. Une indigestion de thèmes, la conquête de Mars aurait été un épilogue plus adroit.

Ravi de passer au suivant. La Définition du bonheur n’est pas un mauvais livre, certes. Il n’est pas bon non plus. Guère envie de poursuivre ma route avec cette autrice même si ses partisans conviennent que ce n’est pas son meilleur livre.

Western, Maria Pourchet

J’ai du mal à écrire cet avis.

D’un côté, un réel talent, avec des passages percutants, au style original. Par exemple, la phrase de deux pages pour transcrire la confession d’une jeune victime. Je suis un admirateur de son travail, c’est le troisième livre que je lis.

D’un autre côté, à force de courir derrière le Goncourt, on ne gagne que Télérama. J’avais hâte de finir ce livre court. Je me suis ennuyé et perdu dans les 80 % du livre. Si je suis content de l’avoir lu, comme on est content de suivre un auteur apprécié, j’ai envie de lui dire « Stop ! Tu vas trop loin. Tu nous perds. On ne sait même plus quel éditeur veut te suivre. Tu es passée de la sociologue de génie à la prof de lettres assommante ».