Enfin je lis un Annie Ernaux, après avoir lu tant de vacheries et d’éloges sur son compte. Je m’attendais à la pire écrivaine au monde ou à un prix Nobel de littérature. Les excès sont insignifiants, Annie Ernaux n’est ni l’un ni l’autre.
Le prix Renaudot pour La place en 1984 ? Pas mérité. Le prix Nobel pour l’ensemble de sa carrière ? Lu un seul livre.
Oui, le Renaudot est injuste pour les autres. À ceci près que le monde est injuste. Le collègue nul qui obtient la promotion, le fils à papa qui ne s’en sort en aucun cas en traversant la rue, le mec qui mange mal et soulève trois haltères et se dessine un corps parfait.
Annie Ernaux a sûrement été là au bon moment et à la bonne place, elle l’a bien trouvée, sa place. Sa place, l’autofiction sociologique est bien trouvée aussi.
Elle reconnaît elle-même la simplicité du style afin de respecter d’où elle vient. J’ai passé un agréable moment de lecture, avec ce livre trop court, elle s’en doute, elle a eu du mal à l’écrire. C’était intéressant d’observer cette partie de la France d’antan.
Ne tombons pas dans la politique, elle a le droit de voter Mélenchon. Elle a moins le droit de dire qu’il n’y a pas d’écriture chez Houellebecq. Mais ça, c’est un autre débat.
En conclusion : pas le livre du siècle, mais un bon livre, à lire. 3.5/5
