Une jeune fille, étudiante à Lyon, apprend le décès de son père en Afrique. Les démarches administratives liées au rapatriement du corps ravivent une foule de souvenirs.

Encore une autofiction ?

Rapatriement va bien au-delà. À la croisée de l’innovation littéraire — notamment par l’usage de dialogues insérés au cœur des phrases, sans ponctuation ni typographie pour guider le lecteur — et d’un foisonnement d’émotions, Ève Guerra signe un premier roman d’une étonnante maturité. En réalité, pas si étonnante : elle lit beaucoup.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, il n’est pas si difficile de devenir écrivain. On pourrait y ajouter le qualificatif galvaudé de « grand », qu’on utilise quand on ne sait plus quoi dire. Être un « grand écrivain » exige du talent et du vécu. Ève Guerra en a.

Un livre abouti, original, magistral. Ève Guerra voulait devenir écrivain — c’est chose faite. Qu’elle garde en mémoire cet avertissement :

« Les souhaits sont presque toujours exaucés, mais nul ne peut dire quand, ni comment. C’est ce qui les rend si fragiles et incertains. La sagesse serait de ne jamais souhaiter plus qu’on ne peut accepter. L’important est de le savoir et de ne pas l’oublier. »

On l’attend de pied ferme pour le prochain roman.

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