Le club de la dernière chance, de Marian Keyes

À Londres, trois amis irlandais et trentenaires, deux femmes et un homme, sont face à leur destin : relation toxique, incapacité à s’engager et cancer.

Ce livre a deux défauts.

Tout d’abord, les remerciements à la fin. C’est comme les applaudissements au personnel médical pendant le premier confinement : ça m’a toujours brouté, bien que j’aie suivi les voisins pendant le confinement, à Paris. Quant aux sempiternels remerciements, je l’ai fait à la fin de mon premier livre pour ne pas payer 50 euros à une psychologue qui avait relu 4 pages. Pourquoi faut-il toujours remercier quelqu’un publiquement ? Moi, j’oublierais certaines personnes et elles en seraient vexées. L’écrivain remercie comme on filme nos actes de charité : il faut montrer urbi et orbi. Avant-hier, j’ai apporté une couverture à un SDF en bas de chez moi qui se battait avec un autre. En ai-je fait une vidéo ?

Enfin, les personnages sont manichéens. Oh qu’ils sont vilains les deux hommes qui ont fait souffrir les deux femmes ! Je connais les hommes, mieux que bien des femmes, et je peux affirmer ceci : on oublie toujours les hommes à qui on a fait du mal pour garder à l’esprit ceux qui nous ont fait souffrir.

Finalement, il a deux autres défauts : il a vieilli (écrit en 1999) et une bonne centaine de pages avant d’apprendre le cancer de l’ami (annoncé pourtant en quatrième de couverture).

Néanmoins, pourquoi j’ai aimé ce livre ?

Parce que l’histoire marche, le style est agréable, les trois protagonistes sont bien définis, les personnages secondaires aussi, et la touche irlandaise de l’auteure apporte une touche attachante. Autrement dit : c’est le livre que j’aimerais être capable d’écrire : sans prétention et efficace. Or, c’est justement le plus difficile à faire.

Comment gérer des critiques négatives ?

Mon deuxième livre est en bêta-lecture, c’est-à-dire que des inconnus le lisent pour donner leur avis et j’ai reçu des critiques sur mon premier livre.

Certaines me comblent de joie, me rassurent et me flattent.

Cette lectrice est adorable, j’ai envie de lui envoyer mon livre, de l’inviter à boire un café, de lui téléphoner et de lire son courriel à chaque coup de mou. C’est bien, mais vais-je améliorer mon travail grâce à cela ?

D’autres sont négatives.

Plus je reçois de critiques, plus j’apprends à les gérer. Que vous chantiez, jouiez, cuisiniez, peigniez, écriviez, voici quelques conseils après une critique négative.

  1. Écoutez votre peine.

Comment vous sentez-vous ? Lisez-la plusieurs fois et respirez. Oui, elles ne font pas plaisir et elles ne seront jamais agréables. C’est dur de les lire ou les entendre, après une journée de travail difficile.

2. Ne cédez pas à la colère.

« T’es qui toi ? », « Tu sais même pas écrire deux lignes », « Je vais lire tes écrits et te démonter », « ta quiche était dégueux », « tu sais même pas danser la chenille qui redémarre », etc.

Ça ne résoudra rien. Un délai de 24 heures avant de réagir. Le mec qui dit que mon livre est un journal intime dont je ne pourrai être que l’unique lecteur m’a mis en rogne, d’autant plus que je lui avais envoyé mon livre gratuitement. Sauf qu’il ne me critique pas en tant qu’être humain.

3. Les critiques sont dirigées contre un travail, pas contre vous.

« Papa, tu cuisines trop gras » ne veut pas dire « tu es gros ». « Tu as joué ton rôle avec un air prétentieux » ne veut pas dire « tu es prétentieux ».

4. Ne faites pas de supposition.

Jamais. Vous pouvez demander des explications « Je n’ai pas compris, tu veux en fait dire que… », mais ne partez pas sur du « Il est jaloux ». Peut-être qu’il l’est, vous pouvez le penser dix secondes, mais ne ruminez pas cette idée noire qui vous apportera une énergie négative.

5. Trouvez la force pour vous améliorer.

Certes, une critique tue dix compliments. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps : une critique négative n’est pas parole d’Évangile. En revanche, quand je lis que plusieurs personnes me disent qu’ils ont aimé le chapitre sur l’Inde de mon deuxième livre, à moi d’améliorer les autres chapitres. Pourquoi il est bon ce chapitre ? Ok, l’Inde, c’est déjà un thème fort pour tous les amoureux de ce pays ou les curieux. Surtout, parce que j’y ai ressenti des émotions fortes, exposées dans mon premier livre.

Une petite précision pour la fin : je n’évoque pas des critiques malsaines, pour blesser. Heureusement et malheureusement, je manque d’expérience en la matière. Par exemple, j’ai reçu, sur des forums, rien qu’à la lecture du titre de Bonjour Miéssieur, Un prof en Inde et le quatrième de couverture « Tu es le blond Occidental gay typique qui a fait du néo-colonialisme en Inde et qui se moque des Indiens ». Blond, Occidental, gay = attaque sur la personne, cette personne a visiblement un problème. Ignorez, même si vous en serez touché quelques heures, voire quelques jours.

Que faites-vous lorsqu’on critique négativement votre travail, quel qu’il soit, alors que vous y avez mis tout votre cœur, du temps et de l’argent ? Quels conseils me donneriez-vous ?

Neuf parfaits étrangers, de Liane Moriarty

Pour écrire cette chronique, j’ai eu la mauvaise idée de lire quelques critiques sur Babelio. Pour résumer les critiques négatives, c’est du « J’ai adoré ses précédents ouvrages, celui-ci a été écrit à la va-vite, je suis déçu ».

Liane Morarty, j’ai de la compassion pour toi. Que va-t-il se passer quand je vais publier mon deuxième livre, actuellement en bêta-lecture ?

Je peux comprendre que l’on n’aime pas mon premier.

Je peux comprendre que l’on n’aime pas le second.

Mais comment vais-je réagir avec ceux qui vont me dire « Je suis déçu par le second alors que j’ai adoré le premier » ? Je ne pourrais pas les mépriser puisqu’ils ont aimé le premier. Je me sentirais honteux, leur déception me causerait de la peine.

Pourquoi ne lit-on jamais le contraire ? Un « son premier fut à chier, mais après, il s’améliore ! ». Parce que le premier ne donne pas envie de continuer, s’il est jugé mauvais. Soit. Pourtant, je ne sais pas pour vous, mais en cuisine, en course à pied et même au lit, mes premières fois ne sont jamais les meilleures. Un écrivain a besoin de temps, pour se libérer d’un carcan ou polir de trop grands écarts. Certes, il existe des premiers romans qui sont de véritables chefs d’œuvre, écrits par des génies. Mais pour les autres ? N’a-t-on pas besoin d’expériences diverses ? « C’est trop salé », « Ne pars pas à 5 minutes par kilomètre, tu vas t’épuiser » « Je n’aime pas que tu me mordilles le téton ».

Cette précision faite, je reviens au livre. Neuf étrangers vont dans un centre de bien-être pour des raisons diverses. Tous les portraits ne se valent pas, l’homosexuel étant par exemple un brillant avocat, canon qui plus est. Si cet homme existe, merci de me laisser un message ici. Les huit autres : un sportif détruit, une famille de 3 personnes en deuil, une mère de famille abandonnée, une écrivaine en déclin et un couple qui a gagné au loto. Vous l’aurez deviné, c’est l’écrivaine le personnage principal. Est-elle l’auteure ? Je ne sais pas, je ne vais pas commettre encore l’erreur de chercher. En tout cas, c’est la plus intéressante car elle permet à l’auteure d’émettre des critiques assertives. Liane Morarty prend des risques, comme quand elle écrit que les conseils donnés aux gros pour accepter leur corps sont prodigués par… des gros. Elle se moque aussi des écrivains présents sur les réseaux sociaux. Elle est gentille, cette Liane Morarty, mais comment fait-on de nos jours quand les libraires se contentent de vendre les livres catalogués par les grandes maisons d’éditions ?

Un point original est que chaque chapitre correspond à un personnage et la narration est interne. On entre plus ou moins dans la peau d’un des neufs et même des trois membres de l’équipe. Les scènes sont bien décrites, sans détail surabondant.

Et surtout, pourquoi j’ai aimé ce livre, malgré une deuxième partie plus lente et une fin décevante ? L’auteure a un talent en psychologie. Je l’imagine comme le genre de femmes que l’on a envie de consulter pour un conseil. Elle est dure, mais ne juge pas. Elle n’est pas manichéenne et ne cherche pas à plaire. Ce livre vaut d’être lu, loin des livres crises de nerfs. J’en lirai d’autres puisqu’ils seraient meilleurs. En attendant, j’ai trouvé ce livre équilibré et agréable en cette période d’extrêmes.

L’Été où maman a eu les yeux verts de Tatiana Tibuleac

Je laisse un message sur le Whatsapp de mon amie Catherine.

– Dis donc, tu aurais un autre livre à me recommander s’il te plaît ? Pas un gnangnan comme la dernière fois…

Elle me conseille souvent des ouvrages en espagnol. Je lis dans cette langue pour maintenir mon niveau.

– Tu n’as qu’à lire Don Quijote de la Mancha, de Cervantes, me répond-elle, avec un accent castillan forcé.

Elle me suggère aussi L’Été où maman a eu les yeux verts de Tatiana Tibuleac. Moins cher en français qu’en espagnol, j’opte pour ce livre dans ma langue maternelle.

C’est l’histoire d’un jeune homme avec de gros problèmes psychologiques, dont la mère lui impose un dernier été avec elle. Ce qui est déjà un fardeau pour tout adolescent serait pour lui un chemin de croix tant il déteste sa mère. Un roman pour adolescents ? Non, il entre au bout de quelques pages dans la vie d’adulte.

C’est un roman court, ce qui me sied. Je n’aime guère les longs récits qui se perdent dans des descriptions superflues. Je suis assez grand pour percevoir des décors moi-même et je n’ai rien lu de mieux en la matière depuis Maupassant. D’ailleurs, l’auteure s’y prend à merveille avec peu de mots. Les tournesols, les escargots, les coquelicots, les robes blanches ont chatouillé mon imagination.

J’ai beaucoup apprécié ce livre, d’autant plus que des verres de vin et Jaipur mon chat m’ont accompagné. J’aime son émotion partagée comme des gouttes de pluie dans un jour avec peu de nuages. L’auteure, par sa connaissance de la psychologie humaine, nous offre des personnages à la fois simples et complexes et ne répond pas à toutes nos questions. La narration n’est pas toujours limpide et c’est voulu. Le choix du vocabulaire oscille entre plusieurs registres, sans jamais s’éloigner des convenances.

Je lirai le prochain livre de Tatiana Tibuleac pour vérifier si elle confirme son talent.

« Bonjiour Miéssieur, Un prof en Inde »

Un an après la première ligne, j’ai le plaisir de vous annoncer que mon livre est publié. Un récit autobiographique de mes 8 mois comme professeur de FLE en Inde. Tout est vrai, sans concession. Les cours, les Indiens, les enfants, Maman, mes amours, je raconte tout.

Après une rupture amoureuse, benjamin décide, sur un coup de tête, de partir enseigner en inde, dans un collège huppé. Il emporte ses angoisses, ses espoirs brisés et ses souvenirs, qui l’accompagneront dans cette incroyable expérience. Ce pays ne l’attire pas, mais il pressent que les Indiens lui offriront quelques enseignements. Il ne se trompera pas.

“Un livre intéressant, prenant, magnifiquement bien écrit. C’est un récit qui a du caractère. ses difficultés, ses souffrances, les chocs culturels… Benjamin ne cache rien. de cette expérience indienne, il en ressort changé et c’est un beau message qu’il apporte à ses lecteurs.”

Véronique, “l’Inde en livres”

« One of those rare books which is immediately accessible, being written directly to the reader, without intermediary or interference. It is a sequence of paragraphs, some moral, some with acute observation, some personal and emotional, some reflective. The result is that the reader has made a new friend, one in whose fate he is now involved, and whose ultimate survival matters to us all. M Audoye went to India to teach at a well-known school for boys, but also to escape distress and uncertainty, and what he discovered was himself, his reserves of strength and wonderment as slowly, amid all the chaos and noise of that beguiling sub-continent, his heart is won by the radiant, innocent, smiles of his pupils who, by the end, do not want to lose him. The style is polished and mature, the subject very moving ».

Brian Masters, écrivain britannique.

Pour ceux qui souhaiteraient l’acheter :

– auprès de mon éditeur.

– par le formulaire de contact.

Affaires.com pour les cours avec des cadres en entreprise

Je vous avais déjà dit que j’appréciais beaucoup différents ouvrages de la maison d’édition CLE International, tels que les Quartier d’Affaires, livre de français sur objectif spécifique (FOS). J’ai pris l’habitude de travailler avec ces ouvrages pour des cours en groupes ou particuliers.

Le problème, c’est qu’ils couvrent uniquement le niveau B1 et sont un peu limités quand il s’agit de donner des cours à des cadres ou des dirigeants. Donc, CLE International a une autre collection Affaires.com, pour le niveau B2-C1.

Ce que j’aime :

  • La présentation : claire, nette et professionnelle. C’est un beau livre, agréable à travailler. Elle est même meilleure que Quartier d’Affaires, on ne cherche pas un exercice, ils se voient de suite.
  • Les textes : concrets, intéressants et précis. Par exemple, sur Louis Renault.
  • Un livre impeccable : dans Quartier d’Affaires, il y a des coquilles.
  • Les bilans de compétence : excellente idée ! Ils peuvent même servir de petits examens^^
  • Les cadres ressources pour un apprentissage bref et efficace du vocabulaire.
  • Le cahier d’activités est intéressant, avec des exercices très utiles de vocabulaire ou des textes à trou.

Ce que je n’aime pas ou moins :

  • Les audios sont sur CD. Les maisons d’édition qui mettent encore les audios sur CD presque 10 ans après le premier IPad ont pris un léger retard. C’est fini l’enseignement avec le poste CD (vieux, ne marchant presque plus) et les ordinateurs n’ont plus de lecteur CD. Il est vraiment temps de passer à la clé USB ou de permettre à l’enseignant et l’apprenant de télécharger les audios et vidéos en ligne. Heureusement, en ligne, on peut partager l’écran et l’écoute avec Teams ou Zoom.
  • La difficulté : B2, je veux bien, mais C1, non. C’est facile pour un C1 et les audios sont vraiment trop faciles, au point qu’une seule écoute est suffisante. Heureusement que le professeur est là pour corser le tout, si besoin^^.

En tout cas, un grand merci à CLE International qui l’emporte haut la main sur les autres ! J’ai hâte qu’ils en créent un autre, s’il y a un marché pour cela.

Mes livres préférés pour l’été

Vous avez un niveau B2 ? Vous aimez lire ? Il n’y a rien de mieux pour améliorer le vocabulaire et l’orthographe.

Barbe bleue, Amélie Nothomb. Elle revisite le conte de Barbe bleue, c’est l’histoire d’une jeune fille française qui emménage chez un Espagnol très particulier, à Paris. Drôle, bien écrit, abouti.

Plate forme, Michel Houellebecq. Un roman très fort qui évoque l’argent et le plaisir sexuel. Dérangeant, intelligent et marquant.

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre. Un chef d’œuvre, magnifiquement écrit, on rentre dans l’histoire au bout de cinq lignes. Deux anciens soldats de la Première guerre mondiale veulent réaliser l’arnaque du siècle.

Bel Ami, Maupassant. N’ayez pas d’a priori sur ce livre du XIXème siècle : il est écrit comme si l’auteur l’avait écrit hier. Clair, précis, des descriptions jamais plates. Adapté au cinéma.

La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker un roman policier d’un auteur suisse à succès. Efficace, dynamique, prenant.

Les thanatonautes, Bernard Werber. Plusieurs tomes d’un ancien journaliste scientifique devenu romancier à succès. Un roman d’un groupe d’explorateurs vers un monde inconnu : après la mort.

Dans les bois éternels, Fred Vargas. Si vous aimez les policiers, c’est un autre excellent choix. Le personnage du commissaire, retrouvé dans plusieurs romans, et de son adjoint, restera dans vos mémoires.

L’élégance du hérisson, Muriel Barbéry. La rencontre d’une petite fille et d’une concierge. Bien écrit, émouvant, drôle.

Sept jours pour une éternité, Marc Lévy. C’est l’auteur francophone le plus lu. Ce n’est pas de la grande littérature, mais il y a toujours une bonne histoire, ça se lit facilement. Parfait pour la plage et passer un bon moment. Pour mettre un terme à leur éternelle rivalité, Dieu et Lucifer se sont lancé un ultime défi… Ils envoient en mission leurs deux meilleurs agents…

Et vous que conseillez-vous comme livre francophone ? Qu’avez-vous aimé ?

Enfin des manuels pour enseigner en entreprise !

Je vous avais déjà dit que j’appréciais beaucoup différents ouvrages de la maison d’édition CLE International, tels que :

Malgré ces excellents manuels, je me suis rendu compte que certains apprenants n’arrivaient pas à passer au niveau supérieur. Je m’explique : alors que nous étions en train de finir un « Grammaire en dialogues » niveau débutant ou intermédiaire, je me suis dit « Aïe, il n’y a pas suffisamment d’acquis pour passer au niveau supérieur ».

C’est alors que j’ai décidé, en accord avec les ressources humaines de chaque entreprise, d’utiliser Quartier d’Affaires, livre de français sur objectif spécifique (FOS).

Je dois vous l’avouer : je n’étais pas un grand fan des manuels FOS. J’ai dû donner des cours dans des entreprises qui voulaient une chose ou une autre, mais sans les bases : « on veut qu’il téléphonent aux clients, mais pas de conjugaison ». Justement, Quartier d’Affaires intègre subtilement la grammaire et la conjugaison dans un contexte professionnel bien pensé.

Désormais, pour les débutants, j’utilise d’abord Quartier d’Affaires A1 et en complément Grammaire en Dialogues niveau débutant.

Pour ceux qui bloquent après Grammaire en Dialogues niveau débutant, j’utilise Quartier d’Affaires A2, voire même B1.

Et pour ceux qui ont étudié Grammaire en dialogues niveau intermédiaire, je choisis Quartier d’affaires B1 : la grammaire est facile pour eux, mais cela permet de la revoir et d’acquérir enfin plus de vocabulaire professionnel.

Ce que j’aime :

  • La présentation : claire, nette et professionnelle. C’est un beau livre, agréable à travailler.
  • Les différentes activités : concrètes et précises. Peu à peu, en nouant une relation de confiance avec les apprenants, ils ont pu me parler de leur entreprise.
  • L’entrainement aux examens : excellente idée ! Car je prépare les apprenants à passer différents examens, en accord avec les RH. Très bonne technique pour les motiver, car vous savez que la motivation des apprenants en entreprise est très fluctuante. J’ai motivé 22 candidats pour présenter un DELF ou un DALF (et ils l’ont tous eu, sauf une).
  • La qualité des audios et vidéos : naturels et dynamiques.

Ce que je n’aime pas ou moins :

  • Les audios sont sur CD. Les maisons d’édition qui mettent encore les audios sur CD presque 10 ans après le premier IPad ont pris un léger retard. C’est fini l’enseignement avec le poste CD (vieux, ne marchant presque plus) et les ordinateurs n’ont plus de lecteur CD. Il est vraiment temps de passer à la clé USB ou de permettre à l’enseignant et l’apprenant de télécharger les audios et vidéos en ligne.
  • Les tâches : j’en comprends l’utilité, mais ce n’est pas pour moi : les cours durent entre 1 et 2 heures, je ne peux pas m’y atteler.
  • Il manque des exercices : mais pour cela, le Cahier d’activités est là. J’imagine qu’ils séparent les deux pour ne pas que le Livre de l’élève soit onéreux. Le problème est qu’aucune entreprise n’achète le Cahier d’Activités, par souci d’économie (et vous savez que cela marche comme cela en entreprise) et parce qu’ils savent que certains salariés ne font pas leurs devoirs. En conséquence, je propose aux apprenants d’acheter eux-mêmes le Cahier d’activités. Evidemment, les meilleurs le font, progressent plus vite, et je les change de groupe. C’est donc une bonne idée si vous enseignez dans plusieurs groupes. Sinon, vous allez vous retrouver à donner des cours entre un A1 laborieux et un C1 dans deux ans…

En tout cas, un grand merci à CLE International qui l’emporte haut la main sur les autres !

Grammaire en dialogues, la nouvelle édition

 

Je viens de recevoir la nouvelle édition de ce livre, que j’utilise avec tous les apprenants. Comme d’habitude, il offre ce que j’apprécie le plus :

  • Des dialogues de la vie réelle
  • Des points de grammaire correctement expliqués
  • Des exercices formateurs
  • Un apprentissage progressif qui évite des périodes trop difficiles si l’enseignant maîtrise bien ce livre

De plus, la nouvelle version s’est améliorée sur ces points-ci :

  • Il y a une table de conjugaison, toujours utile
  • Une présentation en couleur
  • De nouveaux dialogues lors des bilans.
  • Les numéros de pistes sont écrits sur chaque dialogue, gain de temps pour l’enseignant

Ce que je regrette :

  • Toujours rien sur les verbes du 2ème groupe, les temps progressifs
  • Des points de grammaire sont parfois trop légèrement abordés (« mieux » et « meilleur »)
  • Une vision ancienne des relations hommes/femmes « Maman cherche les affaires de tout le monde », « Maman fait un gâteau », « La copine déjeune avec une amie pendant que l’homme travaille ».

En tout cas, ce livre représente pour moi le principal outil d’apprentissage, un indispensable. Merci à la maison d’édition CLE international pour ce travail.

Les 10 erreurs du professeur de langues

Récemment, j’ai dû arrêter un cours avec un étudiant sympa, motivé et sérieux. Je lui ai recommandé une collègue. Elle m’a appelé hier pour  me dire qu’après avoir fait un cours avec elle, il lui a envoyé un mail pour lui dire qu’il ne continuerait pas. Elle était un peu triste et énervée. J’ai donc pensé à ce billet de blog, bien que je ne sache pas ce qui s’est passé entre eux.

J’ai eu plusieurs professeurs (d’anglais, de catalan), j’ai observé les autres professeurs en entreprise, j’ai remplacé plusieurs professeurs et j’enseigne depuis plus de 6 ans. Voici donc les erreurs qu’un professeur de langues peut commettre.

1. Il arrive en retard

Je suis très surpris qu’un professeur puisse arriver en retard. J’ai pour habitude d’arriver au moins 10 minutes avant, pour me détendre un peu, préparer la salle, faire les photocopies, etc. Une collègue a perdu un cours car elle avait pour habitude d’appeler l’entreprise pour dire « pardon, je suis dans les embouteillages, j’arrive dans 30 minutes ! ».

2. Il commence le cours en retard

Si on commence à attendre que tout le monde soit là pour faire un cours, on va perdre 10 minutes sur un cours qui n’est parfois que d’une heure. Ok, on ne va pas commencer tout de suite une leçon, mais on doit au moins commencer à échanger.

3. Il part en avance.

Je ne parle pas des 3 minutes avant la fin où on peut tous terminer le cours, après avoir beaucoup étudié. Non. Je parle des professeurs qui, 10 minutes avant la fin, arrêtent le cours. J’ai remplacé une professeure qui arrêtait les cours avant pour… pouvoir aller fumer !

4. Il demande systématiquement aux étudiants de faire les exercices en cours

S’il est utile de faire quelques exercices en cours (surtout quand on sait que personne ne les fera à la maison), enseigner n’est pas « on fait la leçon pendant quelques minutes, puis les exercices ». Non. On échange, on communique, on pratique. L’exercice doit être un soutien, pas une fin. L’exercice aide un cours, il ne doit pas le meubler.

5. Il raconte sa vie

Beaucoup de professeurs parlent trop, or ce n’est pas à eux de parler. J’essaie de parler le moins possible, j’interviens juste pour poser des questions pour relancer l’activité. J’ai eu des professeurs d’anglais qui me coupaient la parole alors que j’essayais de parler !

6. Il parle en espagnol

Alors ça, c’est ahurissant. J’ai connu un professeur d’anglais qui commençaient son cours en parlant en espagnol pendant 10 minutes « hola chicos, hoy vamos a empezar por… ».

Dans mes cours, je parle tout le temps en français. Éventuellement, avec les débutants, il m’arrive d’expliquer quelque chose en espagnol quand je vois qu’ils sont perdus. En dehors de mes cours, je parle aussi en français et je leur demande de me parler en français, pour qu’ils pratiquent le plus possible.

7. Il est désorganisé

J’ai vu beaucoup de professeurs qui ne savaient pas où ils allaient. Un jour on travaillait le futur, le lendemain quelque chose qui n’avait rien à voir… On était perdus. J’ai pour habitude de noter ce qu’on a fait en cours, les erreurs commises, les difficultés rencontrées, les souhaits des apprenants. J’ai un dossier pour chaque cours et je fais une fiche :

8. Il va trop vite.

Ca, c’est une erreur que j’avais tendance à commettre. Pris par le temps, je voulais faire le maximum possible. J’avais l’habitude de repérer le meilleur étudiant du groupe et je voulais qu’il progresse le plus vite possible. Certes, un cours est toujours trop rapide pour le plus faible et trop lent pour le plus à l’aise, mais il faut trouver un rythme juste. C’est pour cela aussi qu’il m’arrive de changer les étudiants de groupe.

9. Il n’évalue pas le niveau

Trop de professeurs ne disent rien, jamais un petit « c’est bien » et n’encouragent pas. Ou, au contraire, beaucoup n’osent pas dire ce qui ne va pas. C’est vrai que certains sont susceptibles. J’ai une étudiante qui s’est fâchée parce qu’après s’être inscrite dans un groupe C1, je l’ai descendue de 2 niveaux. C’est idiot parce que j’ai fait ça pour qu’elle apprenne mieux et pour ne pas gêner les autres du groupe. Elle l’a pris personnellement et est allée se plaindre aux ressources humaines.

10. Il est l’ami des apprenants

Attention, je ne veux pas dire qu’il faut être dur et froid. Je suis même devenu ami avec plusieurs étudiants, mais après que le cours se soit terminé. Evidemment, il faut être sympathique, amusant, empathique et s’intéresser aux apprenants. Mais pas être le meilleur ami : nous sommes professeurs et l’autorité est une vertu.

Bien sûr, la principale erreur est… de ne pas savoir enseigner, mais je voulais juste partager ces 10 erreurs que je vois très souvent, comme apprenant ou comme collègue. Et vous, vous en voyez d’autres ?