Arrête tes mensonges, Philippe Besson

Deuxième livre de cet auteur, après Paris-Briançon. J’ai préféré Paris-Briançon, parce que c’est un roman et parce que le style m’a paru plus poétique, plus délicat, avec des descriptions soignées.

Arrête tes mensonges a été pour moi un Call me by your name version autobiographique, certes moins bourgeois, mais tout autant « Plongeon dans les années 80 ». Si on n’a pas été adolescent ou jeune adulte à cette période, le charme pourrait moins s’opérer. Arrête tes mensonges est un livre pansement, d’un grand intérêt, mais qui ne mérite pas tant d’éloges. L’auteur doit être le premier surpris du succès. J’ai écrit une autobiographie Namaste Sirji ! Un prof en Inde et je sais le manque de recul que nous pouvons avoir pendant l’écriture. Ces livres fonctionnent quand ils racontent une histoire vraie, mais leurs auteurs souhaitent vite passer au suivant.

Attention : Arrête tes mensonges est un très bon livre, lu rapidement et sans ennui. Et l’auteur vise juste quand il évoque les brimades dans la cour du lycée « gestes efféminés », « poignets cassés », « yeux qui roulent », « fellations qu’on mime ». Là, oui, malheureusement, Arrête tes mensonges n’a pas pris une ride.

En conclusion, je lirai sans hésitation son prochain livre, par emprunt à la bibliothèque. Je préfère soutenir d’autres auteurs.

Paris-Briançon, Philippe Besson

Je découvre enfin Philippe Besson, après en avoir entendu tant parler et en bien. Sa réputation est méritée.

Paris-Briançon raconte le huis clos entre une dizaine de passagers dans un train de nuit : des jeunes, des retraités, des quadragénaires aux personnalités simples sans être simplistes. Ni sombre, ni joyeux, ni doux, ni violent, ni niais ni prétentieux, le train de nuit Paris-Briançon avance à son rythme, sous une plume experte de son auteur.

Dans ce récit court et maîtrisé de bout en bout, j’ai été particulièrement admiratif des descriptions efficaces et percutantes. De plus, l’auteur délivre sans opinion sans aucune agressivité, alors que ses idées sont tranchées. Un livre diplomate, je dirais.

Connus pour ses livres brefs, Besson et Nothomb peuvent séduire le même public, à la différence que Besson ne cherche ni l’humour ni le détail superfétatoire.

Un auteur que j’ai envie de découvrir plus en profondeur. M. Besson, si vous lisez ces lignes, nous serions ravis de vous inviter à un live de ce type.