Mohini ou l’Inde des femmes, Rose Vincent

Je n’avais guère envie d’ouvrir ce livre. Je ne suis pas le lecteur idéal pour les récits d’une bourgeoise occidentale sur les bourgeoises indiennes.

Je me suis trompé : Mohini ou l’Inde des femmes est à lire.

Je peux être peau de vache, j’en conviens. Qualifier Rose Vincent, une résistante, une journaliste, de « bourgeoise » pour être femme d’ambassadeur en Inde, c’est facile. J’en ai le droit ! Parce que ce livre est une biographie de Mohini et de sa famille, à travers de nombreux thés au cours desquels Rose Vincent intervient. Cela fait partie du jeu quand on s’expose. Je m’en prends des réflexions à cause de mon autobiographie de prof en Inde, Bonjiour Miéssieur. Rien que sur le titre, les imbéciles tiquent. Imbécile que je suis, la photo de l’autrice sur la couverture me démotivait, j’avais l’impression d’une pub pour le café en vente par correspondance dans les années 80, vous vous en souvenez ? C’était une famille de 4 personnes…

Ce livre a été publié en 1978, il a vieilli. Mais est-ce un problème ? Et si c’était sa force ? Si ce livre avait un intérêt historique ? Pour moi, oui. Par exemple quand Rose Vincent constate qu’il y a plus de députés femmes (elle ne met pas le mot au féminin) en Inde qu’en France (9 à l’époque). De plus, Rose Vincent n’a pas ménagé ses peines, elle a même appris l’hindi.

Le style est clair et rigoureux, plutôt journalistique, l’ensemble est équilibré, un peu comme chez Dominique Lapierre (ils ont à peine 13 ans de différence). C’est quand même mieux que bon nombre de best-sellers actuels.

Ce livre m’a permis d’en savoir davantage sur l’Inde et les femmes, deux sujets qui me passionnent. Merci Rose Vincent !