Treize hommes, Sonia Faleiro

Les Santals composent une ethnie en Inde et au Bangladesh, de 6 millions d’individus. Leur langue, leur culture, leur religion… certes affectées par l’Empire britannique puis le reste de l’Inde. Un peuple respectable comme tous les peuples, mais accusés çà et là d’être primitif et arriéré.

Dans ces villages où la police ne se rend jamais – de toute façon, les Indiens se méfient de leur police – des conseils de village rendent justice, une justice pour régler de petits différends ou des affaires de mœurs.

Une habitante de ce village, Baby, après un séjour à Delhi, entendait mener sa vie à sa guise, ou du moins pouvoir aimer un « outsider » un habitant étranger au village, de surcroît musulman et marié.

Or, chez les Santals, on appartient d’abord à la communauté. « ll n’y avait pas de « je » à Subalpur. Si Baby voulait vivre parmi eux, il faudrait qu’elle vive comme eux. Alors que les villageois se rejoignaient dans leur aversion pour Khaleque, son arrivée – l’air frimeur, souriant et chargé de provisions de légumes verts, lentilles et riz pour Baby – devint la source d’une colère croissante ».

Le 22 janvier 2014, après le viol de Delhi, puis celui d’une touriste suisse, et celui commis dans une usine désaffectée de textile, Baby porte plainte pour avoir été violée par 13 hommes de son village.

Sonia Faleiro mène l’enquête après que ce viol cessa d’intéresser les journaux. Dans un style journalistique (froid, technique), Sonia Faleiro nous présente un récit court. Ce récit m’a paru trop succinct, il manque des précisions tant on aimerait en connaître davantage sur ce peuple Santal et la vie des différentes personnes. Ce livre est d’une grande utilité publique pour tous ceux qui s’intéressent à l’Inde ou à l’ethnologie, tant il est instructif. Il faut remercier Sonia Faleiro pour son travail et Actes Sud pour la publication de Treize hommes en français.