Sur 60 livres, cette année, s’il fallait en retenir 6. L’ordre importe peu.

Je suis un grand admirateur de Reinhardt, Le Tellier et Gaudé.

Eric Reinhardt avec Sarah, Susanne et l’écrivain aurait dû gagner le Goncourt l’an dernier. Ses livres prennent aux tripes et crée un malaise délicieux. J’ai l’impression que Reinhardt me serre la gorge à chaque page tournée.

Hervé Le Tellier, c’est l’originalité maîtrisée. Toutes les familles heureuses lui donnent l’occasion d’évoquer sa famille dysfonctionnelle, avec humour et tendresse. Bien que sa mère fût épouvantable, il est passé à autre chose. Dans un monde où il faut être « fils de » pour évoluer ou, au contraire, vomir sur sa famille, Le Tellier prouve que modestie et talent sont les gages du vrai succès.

Laurent Gaudé, quoi dire de plus ? Voici un des rares auteurs capables de se renouveler et d’écrire sur à peu près tout. S’il n’avait pas eu le Goncourt pour son excellent Le Soleil des Scorta, il l’aurait eu pour Eldorado. Heureusement pour les autres qu’il ne peut remporter ce prix qu’une seule fois.

Belle surprise avec Jean Échenoz. Les clients du restaurant se sont retournés à force de m’entendre rire. C’est toujours facile d’être ennuyeux pour un écrivain, drôle, jamais.

Yann Queffélec, Les noces barbares, Goncourt 1985. Vous êtes sûrement nombreux à l’avoir lu à l’époque. Ne lisez pas la quatrième de couverture qui divulgâche tout. L’histoire est sombre. Une jeune fille violée par 3 soldats américains. Un enfant naît, rejeté par sa mère et ses grands-parents. Un mariage avec un brave homme pourrait améliorer son destin.

Enfin, une non-francophone dans le lot : la Portugaise Isabela Figueiredo, Carnet de mémoires coloniales. Dans ce court récit autobiographique, un best-seller primé au Portugal et publié aux éditions Editions Chandeigne, Isabela Figueiredo, dans un style sans fioriture, bouleverse nos certitudes et notre indifférence. Après la lecture, une lecture à approfondir grâce à l’excellente préface de Léonora Miano, vous ne serez plus tout à fait le même ou la même.


Et vous, quels livres vous retiendrez de vos lectures de 2024 ?

2 commentaires sur « Mes meilleures lectures de 2024 »

  1. Bien heureux de ne pas voir figurer « Madeleine avant l’Aube » de Sandrine Colette que Benjamin Audoye voyait avantageusement remporter le Goncourt. Une critique à oublier.

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