Je craignais un énième livre sur l’homosexualité d’une personne connue. Erreur : ce livre dépasse la vie de son auteur en traitant des thèmes comme le féminisme, la transphobie, la maltraitance médicale, le masculinisme.

Beaucoup de colère dans ce livre, probablement une saine colère, face à toutes ces souffrances.

Ce que je reproche à ce livre : taper où cela fait mal, quand c’est bien vu ou sans trop de risques. Ne pas hésiter à moquer les catholiques traditionnels, mais ne surtout pas évoquer les exactions des racailles à l’égard de nos frères et nos sœurs.

Si ce livre est destiné au grand public, je pense qu’il sera surtout lu par des lectrices et des lecteurs LGBTQI+ et le ton vindicatif peut faire fuir les autres.

Un livre instructif et engagé, dans lequel l’auteur prône des idées bienvenues de tolérance et de respect.

Baptiste Beaulieu défend parfois sa paroisse, par des digressions, probablement par intérêts personnels ou par frustration. Il précise ne pas comprendre bien des gays. En retour, je ne l’ai pas compris tout le temps, mais je l’ai écouté.

4 commentaires sur « Tous les silences ne font pas le même bruit, Baptiste Beaulieu »

  1. Le point essentiel de votre courte critique sur ce livre tient en ces quelques lignes : « Ce que je reproche à ce livre : taper où cela fait mal, quand c’est bien vu ou sans trop de risques. Ne pas hésiter à moquer les catholiques traditionnels, mais ne surtout pas évoquer les exactions des racailles à l’égard de nos frères et nos sœurs. ». L’auteur a donc cédé aux facilités rhétoriques et au confort de l’idéologie politique progressiste afin d’éviter d’évoquer la réalité. Il reste, semble-t-il, dans les limites confortables du conformisme politiquement correct. Si Beaulieu a montré une certaine qualité morale en parlant du contexte médical en France, il a par contre préféré choisir la facilité concernant l’homosexualité et les sujets LGBTI. Au regard de son parcours médiatique, je ne suis pas surpris de cette lâcheté qui est aussi un calcul : si Beaulieu avait osé traiter avec honnêteté et plus d’objectivité son sujet, il aurait été blacklisté par tous les médias où il intervient aujourd’hui. Sa renommée en aurait souffert, ce qui aurait impacté ses relations d’affaire, et donc ses finances forcément.

    Cette complaisance opportuniste sur la réalité sociale de l’homophobie est habituelle chez les esprits dits progressistes ; elle est autant idéologique que stratégique : éviter de faire des vagues en rappelant les FAITS homophobes depuis près de 30 ans, à savoir que l’immense majorité des crimes provient directement de l’immigration afro-arabo-musulmane. Je connais d’autant le sujet qu’autrefois, j’ai agi moi-même au sein d’associations nantaises militant pour les droits des publics LGBTI. Déjà, dans les années 1990 et à l’aube des 2000, l’essentiel des violences homophobes venaient de la communauté musulmane. Mais chut, surtout, il ne fallait jamais en parler. C’est une des raisons majeures qui m’a fait quitter le milieu associatif LGBTI : l’hypocrisie. Par confort et DOGMATISME politique, on s’en tenait à casser du catho : tirer sur une ambulance n’engage jamais à s’exposer au risque d’une exclusion médiatique et permet de conserver une image publique positive même si elle est davantage superficielle et artificielle que réellement issue du terrain et d’une éthique rigoureuse. Beaulieu continue donc à entretenir cette voie de la malhonnêteté intellectuelle au lieu d’évoquer avec clarté une réalité qui dérange le monde de la gauche bourgeoise si puissante de nos jours.

    En taisant un fait social majeur sur une question aussi grave, Beaulieu devrait savoir qu’on ne peut alors résoudre le problème. Lui, médecin, sait qu’on ne peut traiter avec efficacité une maladie si on écarte d’emblée certains aspects et certaines causes de la pathologie concernée. Pourtant, paradoxalement, sans hésiter, c’est qu’il fait ici sur le sujet des causes de la recrudescence de l’homophobie en France depuis plusieurs années. Mais ça, je l’ai vu en vrai : des victimes tabassées et choquées refusant de porter plainte par peur de représailles et par dogmatisme très con parce que les agresseurs étaient africains ou maghrébins.

    Finalement, les progressistes de tous poils se révèlent encore plus sectaires et obtus que les cathos tradis qu’ils aiment tant critiquer : la paille et la poutre ! En effet, ces gens pratiquent la politique telle une nouvelle religion, sauf qu’elle est profane et non pratiquée en des sanctuaires et des lieux consacrés.

  2. Bonjour Thiébaud,

    Je vous remercie pour ce commentaire. Je ne viserai pas les « musulmans » ou l’origine des personnes, j’évoque les « racailles » qui peuvent être de toutes les couleurs. Je pense que ce sont des personnes qui ne pratiquent aucune religion et s’ils en pratiquent une, très mal.

    Si je suis d’accord avec Beaulieu pour condamner l’attitude de certaines Marie-Chantal pendant le vote de la loi pour le mariage pour tous, je n’oublie pas pour autant qu’elles ne m’ont jamais agressé personnellement et physiquement . Et je ne change pas de trottoir quand j’en vois une.

    J’ai donc trouvé sa colère incomplète et j’avais besoin de le dire.

    A bientôt

    Benjamin

  3. Même avis, tendance perpétuelle de Beaulieu à plaindre son prochain en permanence et à accuser la Société et ses représentants politiques: un médecin qui fait tout pour soigner d’abord les âmes et qui se fout de prévention médicale.

    1. Je ne peux pas en dire plus, je ne le connaissais pas avant. Je suis sûr qu’on pourrait très bien boire un café lui et moi, mais je ne suis vraiment pas son type de gay. Il dit d’ailleurs, de mémoire, ne pas comprendre « les gays qui ne luttent pas contre l’hétéronormativité ». C’est pourtant simple : je suis gay, je ne cherche pas à imiter les hétéros.

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