Pour écrire cette chronique, j’ai eu la mauvaise idée de lire quelques critiques sur Babelio. Pour résumer les critiques négatives, c’est du « J’ai adoré ses précédents ouvrages, celui-ci a été écrit à la va-vite, je suis déçu ».

Liane Morarty, j’ai de la compassion pour toi. Que va-t-il se passer quand je vais publier mon deuxième livre, actuellement en bêta-lecture ?

Je peux comprendre que l’on n’aime pas mon premier.

Je peux comprendre que l’on n’aime pas le second.

Mais comment vais-je réagir avec ceux qui vont me dire « Je suis déçu par le second alors que j’ai adoré le premier » ? Je ne pourrais pas les mépriser puisqu’ils ont aimé le premier. Je me sentirais honteux, leur déception me causerait de la peine.

Pourquoi ne lit-on jamais le contraire ? Un « son premier fut à chier, mais après, il s’améliore ! ». Parce que le premier ne donne pas envie de continuer, s’il est jugé mauvais. Soit. Pourtant, je ne sais pas pour vous, mais en cuisine, en course à pied et même au lit, mes premières fois ne sont jamais les meilleures. Un écrivain a besoin de temps, pour se libérer d’un carcan ou polir de trop grands écarts. Certes, il existe des premiers romans qui sont de véritables chefs d’œuvre, écrits par des génies. Mais pour les autres ? N’a-t-on pas besoin d’expériences diverses ? « C’est trop salé », « Ne pars pas à 5 minutes par kilomètre, tu vas t’épuiser » « Je n’aime pas que tu me mordilles le téton ».

Cette précision faite, je reviens au livre. Neuf étrangers vont dans un centre de bien-être pour des raisons diverses. Tous les portraits ne se valent pas, l’homosexuel étant par exemple un brillant avocat, canon qui plus est. Si cet homme existe, merci de me laisser un message ici. Les huit autres : un sportif détruit, une famille de 3 personnes en deuil, une mère de famille abandonnée, une écrivaine en déclin et un couple qui a gagné au loto. Vous l’aurez deviné, c’est l’écrivaine le personnage principal. Est-elle l’auteure ? Je ne sais pas, je ne vais pas commettre encore l’erreur de chercher. En tout cas, c’est la plus intéressante car elle permet à l’auteure d’émettre des critiques assertives. Liane Morarty prend des risques, comme quand elle écrit que les conseils donnés aux gros pour accepter leur corps sont prodigués par… des gros. Elle se moque aussi des écrivains présents sur les réseaux sociaux. Elle est gentille, cette Liane Morarty, mais comment fait-on de nos jours quand les libraires se contentent de vendre les livres catalogués par les grandes maisons d’éditions ?

Un point original est que chaque chapitre correspond à un personnage et la narration est interne. On entre plus ou moins dans la peau d’un des neufs et même des trois membres de l’équipe. Les scènes sont bien décrites, sans détail surabondant.

Et surtout, pourquoi j’ai aimé ce livre, malgré une deuxième partie plus lente et une fin décevante ? L’auteure a un talent en psychologie. Je l’imagine comme le genre de femmes que l’on a envie de consulter pour un conseil. Elle est dure, mais ne juge pas. Elle n’est pas manichéenne et ne cherche pas à plaire. Ce livre vaut d’être lu, loin des livres crises de nerfs. J’en lirai d’autres puisqu’ils seraient meilleurs. En attendant, j’ai trouvé ce livre équilibré et agréable en cette période d’extrêmes.

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