Ce livre raconte l’enquête d’une assistante sociale après la naissance d’un bébé séropositif né par GPA dans une clinique en Inde. Ses parents sont morts dans un mystérieux accident.

Rarement un livre sur l’Inde ne m’a autant déplu. Il a toutefois le mérite de m’avoir suffisamment motivé pour le terminer.

C’est délicat pour l’écrivain que je suis de critiquer une autre autrice, je vais peser mes mots.

Premièrement, le style est navrant, n’importe quel écrivain en herbe se ferait descendre, mais on ferme les yeux quand ce sont des journalistes :

Enfin, maintenant que j’étais là, j’allais devoir y aller au culot et croiser les doigts pour que tout se passe bien.

Certes, quand un écrivain étranger écrit mal, on accuse toujours le traducteur. Je pense qu’ils ont bon dos. Je n’ai pas accès à l’original, mais ce livre est une succession de phrases construites sur des verbes pauvres et superfétatoires. Quelques imparfaits du subjonctif pourraient laisser à penser qu’il s’agit d’un livre plus littéraire, mais ils tombent si mal dans des paragraphes si peu élaborés. Les dialogues sonnent creux, les descriptions sont inefficaces. Quelques réflexions politiques nous réveillent, heureusement.

Deuxièmement, le personnage de Simran, pourtant une assistance sociale bourgeoise, se permet de dire des énormités :

Il paraissait en très bonne santé – il n’avait pas franchement l’air séropositif [sic], ni d’une personne en train de mourir du sida.

L’original est publié en 2012, pas en 1990. Certes, c’est l’Inde, et les mentalités sont plus archaïques sur ce thème. Je ne veux pas gâcher la lecture : l’autrice ne se complique pas la vie pour expliquer pourquoi le bébé naît séropositif.

Je dis bien que le personnage de Simran m’a paru détestable. Je ne parle pas de l’autrice. Il faut séparer l’auteur des personnages. Par exemple, mon personnage de Paulette, dans mon livre, Les Dettes de Je, balance des énormités aussi.

Enfin, l’histoire n’est absolument pas un « Polar » comme l’annonce les éditions L’Aube. C’est plutôt « l’enquête » d’une éternelle adolescente Indienne occidentalisée dès la naissance.

En conclusion, le pari est perdu, c’est vraiment dommage, parce que des thèmes intéressants sont développés (l’exploitation de la misère, la corruption, l’argent-roi).

On va finir sur une note positive. Kishwar Desai connaît son pays :

Le genre de pays dont on pouvait tomber amoureux, mais où il était impossible de s’installer.

Bien dit, Kishwarji.

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